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Astolphe de de CUSTINE (18 mars 1790  - 25 septembre 1857)

Fils de Delphine de Sabran et d’Armand de Custine, Astolphe de Custine naît au coeur de la tourmente révolutionnaire et connaît alors pour premier sentiment, la peur : son père et son grand-père sont guillotinés, sa mère est incarcérée tandis que lui reste caché pendant des mois, protégé par sa bonne alsacienne. Son enfance à Fervaques ne confortera que davantage cette sensibilité profondément mélancolique qui trouve très vite ses échos dans la littérature romantique de son temps. L’influence de Chateaubriand qui constitue pour lui un « père spirituel » est décisive dans son désir d’écrire. Il tente d’abord une carrière dans la politique, visant la diplomatie et la pairie, mais échoue dans ses ambitions. Sous la pression maternelle, il épouse en 1821 la jeune Léontine de Saint-Simon Courtomer (Château de Courtomer). De leur union naît un fils, Enguerrand. Mais le bonheur est de courte durée : Léontine meurt en 1823, puis son fils et sa mère en 1826, puis sa grand-mère Eléonore de Sabran - de Boufflers en 1827. Ces tragédies et son désir de se rapprocher de Paris l’invitent à mettre en vente le château de Fervaques qui devient la propriété du marquis de Portes en 1831. Il peut ainsi acheter un hôtel particulier 6 rue de la Rochefoucauld à Paris (actuel 12), et une maison de campagne à Saint-Gratien (aujourd’hui détruite) où il reçoit les plus éminents esprits de son temps : Chateaubriand, Lamartine, Stendhal, Balzac, Théophile Gautier, Victor Hugo, George Sand, Chopin, l’actrice Rachel, etc. Malgré ses moeurs alors jugées scandaleuses - son homosexualité -, sa générosité et son intelligence font de lui une personnalité décisive au coeur des sociabilités littéraires et artistiques de son temps. Il est l’auteur de romans, et notamment Le Monde comme il est (1835) qui prend la Normandie pour cadre afin de dépeindre sous son regard satirique et tragique la société française du XIXe siècle, ainsi que de récits de voyages sur l’Espagne, l’Italie ou encore l’Angleterre. Mais c’est plus particulièrement son ouvrage déterminant et audacieux sur La Russie en 1839 (1843) qui fait de lui un écrivain accompli et reconnu. A sa mort en 1857, il demande à être enterré le plus discrètement possible dans la crypte de l’église Saint-Aubin d’Auquainville auprès de sa mère, sa femme et son fils.



 

Extrait des Salons de Paris : foyers éteints (1858), Virginie Ancelot :

« C'était un vrai gentilhomme que le marquis de Custine, appartenant à la vieille noblesse, allié aux premières familles françaises, et tenant aux siècles passés non seulement par l'ancienneté de sa race, mais par cet esprit d'homme du monde, fin, juste, moqueur et ingénieux »

 

Balzac dans une lettre à Astolphe de Custine :

« Vous êtes le voyageur par excellence. Ce que vous faites me confond, car il me semble que je serais incapable d’écrire de semblables pages. Vous êtes aussi spirituel que Beyle (Stendhal) et plus clair, sans énigmes, plus social. Vous êtes plus charnu quand vous contez et aussi précis.»