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Delphine de CUSTINE, née SABRAN (18 mars 1770  - 13 juillet 1826)

Née de Sabran, Delphine de Custine appartient à la plus fine aristocratie de son temps. Elle marque la Révolution française par le courage dont elle fait preuve au moment de défendre son beau-père, le général Adam-Philippe de Custine, face au tribunal révolutionnaire et d’affronter les épreuves de la mort de son époux et de l’emprisonnement aux Carmes. Séduite par sa beauté autant que par sa bonté, Madame de Staël en fait l’héroïne de son premier roman Delphine (1802), et le grand écrivain Chateaubriand en tombe éperdument amoureux. Sur les conseils de ce dernier, elle achète le château de Fervaques en 1803 où elle s’adonne à l’éducation de son fils Astolphe, la peinture qu’elle pratique avec un talent que la portraitiste Elisabeth Vigée-Lebrun lui reconnaît, l’entretien du parc et des intérieurs du château, mais aussi où elle reconstitue un véritable petit salon littéraire et artistique où séjournent Chateaubriand, le poète normand Chênedollé, le musicien Henri-Philippe Gérard, et bien d’autres. Son vœu de reposer pour l’éternité à l’église Saint-Aubin, près du château de Fervaques, sera respecté.

 

Extrait des Mémoires d’outre-tombe (1848), François-René de Chateaubriand :

 

« Parmi les abeilles qui composaient leur ruche, était la marquise de Custine, héritière des longs cheveux de Marguerite de Provence, femme de saint Louis, dont elle avait du sang. J’assistai à sa prise de possession de Fervacques, et j’eus l’honneur de coucher dans le lit du Béarnais, de même que dans le lit de la reine Christine à Combourg. Ce n’était pas une petite affaire que ce voyage : il fallait embarquer dans la voiture Astolphe de Custine, enfant, M. Berstœcher, le gouverneur, une vieille bonne alsacienne ne parlant qu’allemand, Jenny la femme de chambre, et Trim, chien fameux qui mangeait les provisions de la route. N’aurait-on pas pu croire que cette colonie se rendait à Fervacques pour jamais ? et cependant le château n’était pas achevé de meubler que le signal du délogement fut donné. J’ai vu celle qui affronta l’échafaud d’un si grand courage, je l’ai vue, plus blanche qu’une Parque, vêtue de noir, la taille amincie par la mort, la tête ornée de sa seule chevelure de soie, je l’ai vue me sourire de ses lèvres pâles et de ses belles dents, lorsqu’elle quittait Sécherons, près Genève, pour expirer à Bex, à l’entrée du Valais ; j’ai entendu son cercueil passer la nuit dans les rues solitaires de Lausanne, pour aller prendre sa place éternelle à Fervacques : elle se hâtait de se cacher dans une terre qu’elle n’avait possédée qu’un moment, comme sa vie. J’avais lu sur le coin d’une cheminée du château ces méchantes rimes attribuées à l’amant de Gabrielle :La dame de Fervacques
Mérite de vives attaques.Le soldat-roi en avait dit autant à bien d’autres : déclarations passagères des hommes, vite effacées et descendues de beautés en beautés jusqu’à madame de Custine. Fervacques a été vendu. »