JOURNÉE D’ÉTUDES L'écrivain dilettante  | Vendredi 7 février 2020

Retour sur la journée d’études consacrée à la figure et à la posture de l’écrivain dilettante à l’époque romantique organisée par le LASLAR (Université de Caen Normandie) qui s’est tenue le 7 février 2020 à la MRSH.

Responsables scientifiques : Samantha Caretti et Brigitte Diaz.

 

Tantôt louée, tantôt décriée, la figure du dilettante suscite de nombreux débats au XIXe siècle, et se trouve au cœur des querelles ayant opposé les défenseurs de l’opéra français (Gluckistes) aux partisans de la musique italienne (Piccinistes). A l’époque, le terme n’a pas encore la définition qu’on lui connaît ; le dilettante n’étant d’abord que l’amateur passionné de musique italienne, tel le « dilettante » des Notes d’un dilettante de Stendhal. Ce n’est qu’au cours du XIXe siècle que le terme va également désigner celui qui s’occupe d’une chose en amateur, tout en affichant un rapport sensible à l’art puis, au XXe siècle, celui qui n’envisage tout chose que du point de vue du plaisir esthétique et choisit de travailler au gré de sa fantaisie et de sa curiosité, en non professionnel. La formule d’ « écrivain dilettante » convoque bien les différents sens de ce terme. Il s’agissait donc d’interroger le dilettantisme des écrivains de l’époque romantique à la fois comme posture auctoriale revendiquée ou non, mais aussi comme nouvel angle pour réexaminer le romantisme et son historiographie.

L’introduction générale a permis de replacer de ce sujet au cœur des réflexions de l’axe « Archives de la création » du LASLAR : l’écrivain dilettante interroge en effet la reconfiguration possible de la conception de l’écrivain, de la considération de son statut dans le monde des lettres et des arts et des conséquences philosophiques et poétiques de cette scénographie auctoriale. Par sa visée panoramique, la journée d’études s’était donné pour objectif d’embrasser différentes perspectives d’auteurs, qu’ils soient bien connus de l’histoire littéraire, ou qu’ils en soient oubliés, afin d’apporter un nouvel éclairage.

La matinée, présidée par Julie Anselmini (LASLAR), a commencé avec une communication de Gérard Gengembre au cours de laquelle celui-ci s’est demandé comment et pourquoi l’écrivain Emile Deschamps avait pu servir de modèle de dilettante au critique Henri Girard en 1921, et ainsi permis de délivrer sa conception originale d’un romantisme paisible et inscrit dans l’ordre bourgeois. Sylvain Ledda (CÉRÉdI) a, pour sa part, abordé toutes les facettes et ambivalences du dilettantisme chez Alfred de Musset à partir de la posture qu’il a choisi d’incarner flirtant entre dandysme, fantaisie et désenchantement, de son esthétique relevant de l’hétérogénéité, de la digression, et d’une écriture du présent, mais aussi des appellations critiques retenues à son sujet. Tout comme Alfred de Musset, George Sand, évoquée par Brigitte Diaz (LASLAR), s’inscrit dans cette génération de 1830 où le dilettantisme bat son plein. Si le terme de « dilettante » semble d’abord plus volontiers un apanage masculin, il est aussi appliqué à Sand, tantôt accusée de n’être qu’une amatrice cédant aux tentations de l’imitation, tantôt blâmée de n’être qu’une artisane appliquée.

Dans la continuité de ces réflexions autour d’une littérature faisant son entrée dans l’ère industrielle, Samantha Caretti a défini les positions et réactions de l’écrivain romantique face aux nouvelles contraintes publicitaires, à travers l’exemple ambigu de Lamartine, mais aussi les exemples d’auteurs minores tels que Chênedollé, Custine et Guttinguer. Le dilettantisme dans l’auto-promotion, souvent conséquence de l’inexpérience voire de la négligence volontaire de certains auteurs, se révèle aussi un véritable acte de résistance en faveur d’une éthique romantique pour mieux s’opposer la corruption marchande du champ littéraire. Présidé par Gérard Gengembre, l’après-midi s’est alors poursuivi avec Marie-Bénédicte Diethelm (CEELF 19-21) par une présentation du salon de Mme de Duras comme espace privilégié du dilettantisme où l’on ne s’occuperait que d’art et de littérature. Enfin, Alex Lascar a analysé la désinvolture d’Astolphe de Custine comme romancier ; originalité qui s’apparenterait selon Charles Baudelaire à un « idéal de la négligence ».

De ces premières réflexions autour du dilettantisme dans le champ littéraire de l’époque romantique est ressorti le désir commun de proposer une suite à cette journée d’études afin de donner matière à publication, et d’approfondir certains rapports mis en lumière avec d’autres notions telles que le dandysme, la négligence et la nonchalance.

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